ISGAP : une nouvelle étude examine l’influence islamiste dans les institutions canadiennes

 

ISGAP : une nouvelle étude examine l’influence islamiste dans les institutions canadiennes

L’Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy (ISGAP) a publié le 24 août 2026 une nouvelle étude de près de 200 pages consacrée à ce qu’il décrit comme l’« Islamist entryism » au Canada. Intitulé Assault on Democratic Values and Principles: How Islamist Entryism Weakens Civil Society and Higher Education in Canada, le rapport examine les institutions démocratiques, la société civile, la politique électorale et l’enseignement supérieur canadiens.


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Selon ISGAP, le phénomène ne devrait pas être étudié uniquement à travers des organisations ou incidents isolés. Le rapport présente plutôt ce qu’il considère comme une stratégie transnationale structurée reposant sur plusieurs mécanismes : enracinement idéologique, implantation institutionnelle, contrôle des récits publics, mobilisation politique et protection juridique ou réputationnelle.

Quatre axes au cœur du rapport

Le premier axe concerne l’enracinement idéologique. L’étude examine notamment des documents historiques associés à la pensée des Frères musulmans et cherche à établir comment certaines idées peuvent être adaptées à des environnements politiques et sociaux occidentaux. Ces interprétations constituent les conclusions d’ISGAP et doivent être confrontées aux documents cités dans le rapport. Le rapport complet permet aux chercheurs de vérifier directement les éléments avancés.

Le deuxième axe est celui de l’implantation institutionnelle. ISGAP affirme que certains réseaux peuvent chercher à acquérir progressivement une légitimité, un accès institutionnel et une capacité d’influence. Le rapport cite notamment la campagne électorale « Vote Palestine » de 2025 et affirme qu’elle avait obtenu le soutien de 344 candidats issus de quatre partis politiques canadiens.

Le troisième axe concerne la société civile et la surveillance réglementaire. L’étude examine notamment des dossiers impliquant la Muslim Association of Canada et l’Islamic Society of North America Canada, ainsi que des questions relatives aux finances, à la conformité et aux relations organisationnelles. Ces éléments sont présentés dans le rapport d’ISGAP et ne doivent pas être confondus avec une conclusion indépendante établissant une responsabilité collective de toutes les organisations citées.

Le quatrième axe porte sur l’enseignement supérieur et les financements étrangers. ISGAP estime que les universités représentent un secteur particulièrement sensible parce que financement international, recherche, partenariats institutionnels, mobilisation étudiante et production de récits publics peuvent s’y rencontrer. Le rapport appelle notamment à davantage de transparence sur les financements et contrats étrangers dans les universités.

Pourquoi les universités occupent-elles une place centrale ?

Selon l’étude d’ISGAP, l’enjeu dépasse la simple question du financement. L’institut demande également que les partenariats universitaires internationaux soient évalués en fonction de leur gouvernance, de leurs conditions contractuelles, de la propriété intellectuelle, de l’accès aux données et des éventuels risques liés à l’influence étrangère.

Cette question s’inscrit dans un débat plus large sur la résilience institutionnelle. Une université démocratique doit pouvoir développer des partenariats internationaux tout en conservant son indépendance académique et sa transparence financière. Le défi consiste donc à déterminer quelles informations doivent être rendues publiques et quels mécanismes de contrôle sont proportionnés aux risques identifiés.

Une question de transparence plutôt qu’une simple bataille politique

ISGAP recommande notamment la création d’un régime national de divulgation des financements étrangers concernant les universités, organismes de recherche, associations caritatives et organisations de la société civile. L’institut demande également davantage de contrôles sur certains partenariats académiques internationaux et un renforcement de la surveillance des organisations à but non lucratif.

Pour les responsables politiques, universitaires, journalistes et organisations de la société civile, le principal intérêt du rapport est donc aussi la question qu’il pose : comment une démocratie ouverte peut-elle protéger son pluralisme tout en identifiant efficacement les réseaux d’influence étrangers ou idéologiques ?

Le débat gagnerait à dépasser les slogans. Les affirmations du rapport doivent être examinées, vérifiées et confrontées à d’autres recherches. La publication complète d’ISGAP fournit la base documentaire nécessaire à cette discussion.


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