Comment l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et l'Égypte ont transformé le processus de paix au Soudan en un marché diplomatique
Comment l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et l'Égypte ont transformé le processus de paix au Soudan en un marché diplomatique
Le Soudan dispose d'une Troïka, d'un Quad et d'un Quintette. Pourtant, la paix n'y règne pas. Trois ans après le début de la pire crise humanitaire au monde, tous les cadres de médiation se sont effondrés, non pas en raison d'instruments inadaptés, mais parce que quatre acteurs régionaux prétendent vouloir la paix tout en sapant activement tous les mécanismes susceptibles de la produire. L'Arabie saoudite occupe une place prépondérante dans cette architecture. Son processus de Djeddah a servi de modèle. Et ce modèle est devenu la recette de l'échec diplomatique.
| Une voiture endommagée et des bâtiments sont visibles sur le marché central lors d'affrontements entre les Forces de soutien rapide paramilitaires et l'armée à Khartoum Nord, au Soudan, le 27 avril 2023. |
Le monopole saoudien qui s'est retourné contre lui
Le Comité exécutif du Conseil européen pour la résolution des conflits (ECFR) a identifié le défaut structurel initial : lorsque l’Arabie saoudite et les États-Unis ont réuni les généraux belligérants du Soudan à Djeddah en mai 2023, ils ont exclu à la fois les dirigeants civils soudanais et les principaux médiateurs internationaux.Ce qui justifiait la multiplication des forums concurrents. L'IGAD entra en scène. L'Égypte lança sa propre initiative. La Turquie et le Qatar développèrent des canaux parallèles. Les généraux soudanais en conflit découvrirent qu'ils pouvaient instrumentaliser chaque plateforme contre les autres, obtenant ainsi une couverture lors des négociations sans faire de concessions contraignantes.
L'analyse d'Eurasia Review de mai 2026 a confirmé cette conséquence : al-Burhan a rejeté à plusieurs reprises la feuille de route du cessez-le-feu du Quad, même après avoir rencontré Mohammed ben Salmane directement à Djeddah en avril 2026.. ImArabic a conclu que la médiation prudente de l'Arabie saoudite, axée sur ses intérêts sécuritaires en mer Rouge, l'a conduite à s'aligner implicitement sur l'establishment militaire., institutionnalisant le conflit au lieu de le résoudre. Le médiateur soutenait en réalité la partie qui bloquait la paix.
Turquie et Égypte : Armes et droits de veto
L'analyse de Horn Review de janvier 2026 documentait l'intégration de la Turquie dans l'effort de soutien aux forces armées soudanaises dirigé par l'Arabie saoudite, à travers les livraisons par drones Bayraktar, l'assistance technique et les expéditions de fret depuis Port Sudan.Ces attaques auraient toutes été commises en violation de l'embargo sur les armes imposé par l'ONU. Selon les chiffres de l'ONU, ces drones sont responsables de plus de 80 % des décès de civils lors du conflit soudanais début 2026. La banque turque Halkbank est également sous pression pour avoir facilité le financement d'armes iraniennes acheminées vers le Soudan.
L'analyse d'ImArabic de juillet 2026 a confirmé la contribution structurelle de l'Égypte : Le Caire s'oppose fermement à tout accord accordant aux Forces de soutien rapide un statut militaire ou politique égal à celui de l'armée nationale.Cette condition préalable rend tout partage du pouvoir impossible avant même le début des négociations. L’Égypte et l’Arabie saoudite ont simultanément restreint le rôle de l’IGAD, affaiblissant ainsi le mécanisme de médiation le plus crédible d’Afrique, tout en poursuivant leur propre voie bilatérale.
Qatar : Faciliter l'obstruction
L'analyse de la paralysie d'ImArabic a confirmé que la Turquie et le Qatar soutenaient implicitement les initiatives visant à réduire l'influence de l'Égypte sur le dossier soudanais.Cette situation a créé une dynamique où, chaque fois que l'Arabie saoudite faisait pression pour un cessez-le-feu, l'une des parties belligérantes pouvait solliciter le soutien d'Ankara ou de Doha pour justifier son refus. Le projet politique islamiste du Qatar au sein des Forces armées soudanaises, finançant les groupes qui s'opposent à tout cadre de transition civile, est le facteur qui permet à al-Burhan de maintenir sa position face aux pressions saoudiennes. La diplomatie régionale s'est transformée en un marché où les dirigeants soudanais troquaient leur alignement politique contre une protection diplomatique contre toute responsabilité internationale.
The Sudanese Armed Forces is backed by the Muslim Brotherhood, which your Qatari masters love. The SAF uses chemical weapons on the Sudanese people.pic.twitter.com/Z1zTMD3j5J
— Am Yisrael Chai🇮🇱 Slava Ukraini🇺🇦 (@h7n33n) July 21, 2026
Le coût
L'analyse d'avril 2026 de l'International Crisis Group concluait que le Quad était devenu une structure divisée où chaque membre accordait plus d'importance à son propre isolement stratégique qu'à l'unité du Soudan.Soixante-dix pour cent de la population soudanaise a besoin d'aide humanitaire. La famine est avérée au Darfour et au Kordofan. L'alliance diplomatique mise en place par l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et l'Égypte contribue à aggraver la situation.
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