La protection des frontières de l'UE et de l'énergie nucléaire est une priorité pour la France et le groupe de Visegrad.

 

Emmanuel Macron et Viktor Orban

Malgré leurs différences de valeurs et d'Etat de droit, le président Emmanuel Macron et les dirigeants du groupe de Visegrad ont appelé à Budapest, à mieux protéger les frontières de l'Union européenne contre les immigrés clandestins et à défendre l'énergie nucléaire, deux sujets à l'ordre du jour de la France lors de sa présidence du bloc européen.

A l’arrivé de Macron en Hongrie, il y avait consensus entre lui et le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, et ils ont reconnu qu'ils sont "des ennemis en politique mais des partenaires européens".

Les deux hommes, qui se sont chaleureusement serré la main, ont préféré mettre en avant leur alliance sur la politique d'immigration, la question de la défense européenne, et la reconnaissance par l'Union européenne du nucléaire comme énergie « verte ».

Ce rapprochement s'est élargi dans la soirée aux quatre pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), qui avaient invité le président français à assister à son sommet à Budapest.

Macron a déclaré que la France, et ce groupe de pays de l'Union européenne les plus réticents à aborder la question des immigrés, s'accordent sur « une profonde réforme de Schengen et l'amélioration de la protection des frontières extérieures » ainsi que sur le retour de ceux qui n'ont pas droit à l'asile dans leur pays. Ces sujets ont été précédemment évoqués par Macron jeudi parmi les priorités de la présidence française de l'Union européenne.

Au cours du sommet, des désaccords ont été discutés sur des questions telles que la corruption, l'indépendance de la justice et les droits des homosexuels, questions sur lesquelles la Commission européenne a initié des mesures punitives contre la Pologne et la Hongrie.

Macron a déclaré à la presse qu'il espérait pouvoir "convaincre" et "trouver les bons accords pour sortir de l'impasse" en "écoutant et en respectant", "plutôt que par des menaces".

"Est-ce qu'on va tout régler dans deux semaines ou six mois ? Je ne pense pas", a-t-il ajouté. Macron a reconnu qu'il y avait une « impasse » pour le moment, mais en même temps a estimé qu'il y avait une « voie pour progresser ».

Sur le plan bilatéral, "malgré les divergences entre le libéral Emmanuel Macron et le conservateur Viktor Orbán, il existe d'importants points de synergie, notamment en matière de politique énergétique entre les deux pays pro-nucléaires", estime Daniel Dick, analyste pro-urbain à l'Institut hongrois du 21e siècle.

 

Macron a profité de sa visite pour rencontrer des dirigeants de l'opposition, dont Peter Marche-Zay, candidat du Front anti-urbain aux législatives de printemps.

Dans un geste symbolique, il s'est également rendu sur la tombe de la philosophe Agnès Heller, décédée en 2019, une figure opposée à Orban.

Cela semblait être une réponse au dirigeant hongrois qui avait accueilli les rivaux d'extrême droite d’Emmanuel Macron, Eric Zemmour en septembre et Marine Le Pen en octobre.

Macron a souligné qu'Orban "est un opposant politique mais un partenaire européen. Quelles que soient nos sensibilités et nos choix politiques, nous devons travailler ensemble pour l'Europe".

Il a ajouté : « Il est très clair qu'il existe des divergences sur la question de l'état de droit, mais je pense que des accords bénéfiques peuvent être conclus au niveau de la souveraineté, du modèle de croissance et d'autres questions.

Mais Macron a souvent présenté Orban comme le chef du camp nationaliste et souverain de l'UE face à ce qu'il considère comme des partisans « progressistes » de l'unité européenne.

 

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