Macron impose des régulations sur la religion pour faire pression sur les mosquées.

 

Le Wall Street Journal a publié un long rapport sur ce qu'il a décrit comme un redécoupage de la frontière entre la religion et l'État dans la bataille pour mettre les organisations islamiques dans le moule de la laïcité française.

Les auteurs du rapport, Naomi Bisserby et Stacey Mitchery, ont noté qu'au cours des derniers mois, l'administration du président Emmanuel Macron avait retiré la direction d'une mosquée après sa fermeture temporaire et l'épuisement de ses ressources financières. Une autre mosquée a renoncé à des millions de subventions après que le gouvernement ait fait pression sur les autorités locales pour obtenir des fonds et des dizaines d'autres mosquées ont reçu l'ordre de fermer temporairement pour violation des règles de sécurité.

Le rapport du journal a déclaré que le gouvernement avait pris ces mesures en prélude à une action beaucoup plus large pour restreindre l'indépendance des mosquées et autres organisations religieuses à travers la France, alors que Macron présentait au Parlement un projet de loi intitulé Loi visant à promouvoir le respect des principes de la République. , ce qui permettrait au gouvernement de fermer indéfiniment les lieux de culte et dissoudre définitivement les organisations religieuses, sans décision de justice, s'il constate que l'un de ses membres incite à la violence ou à la haine.

En plus d'autoriser la fermeture temporaire du siège de tout groupe religieux diffusant des idées incitant à la haine ou à la violence, les organisations religieuses sont tenues d'obtenir tous les cinq ans des autorisations gouvernementales pour poursuivre leur travail et documenter leurs comptes chaque année si elles reçoivent un financement externe.

Le rapport a laissé entendre que le projet de loi serait débattu la semaine prochaine à l'Assemblée nationale (Parlement), où une majorité Macronnienne devrait l'approuver d'ici la fin 2021. Cela s'applique à tous les lieux de culte, y compris les églises et les synagogues, mais les actions du gouvernement ciblent les mosquées et les organisations musulmanes.

Pour leur part, les chefs religieux ont critiqué la répression du gouvernement comme outrepassant la séparation de la religion et de l'État établie en vertu de la loi historique de 1905.

Cet acte, ont-ils soutenu, a falsifié la stricte laïcité de la France en empêchant les groupes religieux de recevoir des aides de l'État et en excluant le clergé des postes gouvernementaux, et a également établi la soi-disant liberté de conscience et la liberté d'exercer sa croyance dans les limites de « l'ordre public ».

Le journal souligne que la France est allée plus loin que n'importe quel pays occidental face aux courants « extrémistes » au sein de l'islam. La question de l'impact de l'islam sur la société est devenue l'enjeu déterminant de l'élection présidentielle de 2022. Le gouvernement Macron a parfois souligné ses efforts d'organisation des mosquées comme signe qu'il peut contourner Marine Le Pen, la leader et principale rivale du parti du Rassemblement national.


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