Des juges d'instruction français interrogent Carlos Ghosn à Beyrouth.
Des juges d'instruction français ont interrogé Carlos Ghosn, l'ancien président des constructeurs automobiles qui avait fui le Japon. Des séances d'interrogation que l'un de ses avocats a qualifiées de précédent pour la justice depuis l'arrestation de son client au Japon.
Ghosn, l'ingénieur de l'alliance Renault / Nissan, a fait l'objet de nombreuses enquêtes depuis qu'il s'est enfui au Liban fin 2019 et a déclaré qu'il espérait être innocenté de ses allégations. Les accusations françaises concernent des malversations financières en France.
L'avocat Jean Tamale - l'un des avocats de Ghosn - a déclaré aux journalistes à la fin de la séance: "C'est la première fois que notre client a pu clarifier sa position devant les juges, alors que ses avocats sont à côté ayant déjà préparé sa défense. " «C'est la première fois que Carlos Ghosn trouve justice depuis sa détention arbitraire au Japon». A-t-il ajouté
En France, Ghosn et son ancien employeur Renault ont des différends sur les salaires de retraite et les indemnités de fin de service tandis que les autorités fiscales examinent ses dispositions financières.
Les juges français au Liban cherchent des réponses aux questions sur les événements de Ghosn au palais de Versailles, y compris son utilisation avisée des ressources de l'entreprise à une occasion pour organiser une soirée privée.
Le parquet français étudie également les flux financiers entre Renault, son unité néerlandaise et un concessionnaire automobile à Oman.
Les avocats de la défense de Ghosn ont déclaré plus tôt avoir détecté des irrégularités de procédure dans l'affaire française, qui sapent les procédures judiciaires organisées par les autorités judiciaires libanaises.
“Ces anomalies, qui fragilisent le processus judiciaire, proviennent des méthodes singulières de l’enquête japonaise qui demeure la source principale des dossiers français”, avait-elle écrit.
Ils ont ajouté dans un communiqué que les juges entendraient Ghosn, qui a déjà vécu et travaillé en France et détient les nationalités française, libanaise et brésilienne, en tant que témoin et ne peuvent donc contester la légalité de la procédure.
Ces derniers souhaitent que Carlos Ghosn se voie accorder le statut de “mis en examen”, seul moyen pour lui de “dénoncer les vices juridiques affectant le dossier et de faire réaliser des auditions”, expliquaient-ils.
Ghosn a fait face à un revers majeur la semaine dernière dans un procès lorsqu'un tribunal néerlandais lui a ordonné de rembourser des revenus versés en 2018 d’une valeur de 5 millions d'euros (6,1 millions de dollars) pour Nissan et Mitsubishi dans une action en justice lancée par Gosn lui-même contre l’entreprise, il avait estimé qu’il avait fait l’objet d’un licenciement abusif au regard du droit du travail Néerlandais. Il est à noter que Ghosn a été PDG de Nissan entre juillet 2012 et avril 2018.
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